» (…) Si le programme avait tout d’un pèlerinage classique, il n’en était pas moins remarquable par sa qualité, la reconnaissance historique qu’il signifiait et son ouverture humaine exceptionnelle. Remplie de joie, portée par ces trois journées comblées de grâces, je voudrais partager trois souvenirs avec les personnes que ça intéresse.
Le premier est celui d’une foule immense remplissant la « chiesa di Gesu », lieu de nos célébrations, au point d’en repousser les murs. (…) Je pouvais sentir, lors de notre veillée jubilaire, une attention très intense, une attente si forte, une soif, comme lorsque la foule attend Jésus en plein désert.
Le deuxième souvenir de ce pèlerinage historique est le sentiment que nous, les chrétiens LGBT+, avons été pris très au sérieux. Nous avons été reconnus à part entière en tant que croyant(e)s. L’organisation impeccable, qui était menée par La Tenda di Gionata (association italienne impliquée dans la pastorale des personnes LGBT+) y a largement contribué. (…) Surtout, il était fort symbolique d’être reçus et soutenus par les jésuites dans la « chiesa di Gesu , en plein cœur de Rome, dans l’église-mère de la congrégation ignatienne. Quel symbole officiel ! Il est fini le temps où on devait se cacher dans des minichapelles en périphéries pour célébrer en catimini notre foi, aussi fervente soit-elle. (…)
Enfin, le troisième souvenir concerne la qualité des relations entre nous, la bienveillance, l’entraide, les rencontres authentiques pleines d’ouverture (…). Je voudrais que ce passage de la Porte sainte, en ce Jubilé de l’espérance, nous donne, en communauté de croyants, de passer d’autres portes. Celle de nos églises en y ayant toute notre place tels que nous sommes, mais aussi la porte de groupes de partage chrétien LGBT, proposés par nos associations, et la porte de notre évêque (et pourquoi pas celle du pape ?) pour leur dire « n’ayez pas peur de nous ».
Laure