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Reconnaissance : Contribution au synode sur la synodalité

Mars 2022

En mars 2022, un groupe de fidèles connaissant pour eux-mêmes ou leurs proches l’homosexualité s’est réuni à l’occasion du synode pour mettre en commun le fruit de leur expérience familiale et pastorale, au regard de leur connaissance de la doctrine en cours dans l’Eglise catholique. Voici la synthèse de leur travaux qui constitue leur participation au synode sur la synodalité.

Merci l’Église !

Les participants commencent par exprimer leur profond attachement à l’Église, qu’ils reconnaissent comme synodale par nature, ce qui est une grâce immense. C’est donc avec gratitude et espérance qu’ils répondent à l’initiative du pape François, pour renouveler leur confiance dans la capacité de l’Église à cheminer sur la question de l’homosexualité à la lumière de l’Évangile. De fait :

  1. L’immobilisme n’est pas dans la nature de l’Église, comme le montre l’histoire du peuple de Dieu, toujours en marche vers la Vérité. L’Église a toujours porté en elle cette capacité de questionnement et de réforme (cf. conciles, synodes… donc celui sur la synodalité !
  2. L’Église est un réservoir inépuisable de personnes, laïques ou consacrées qui, par l’intelligence de leur Foi, accueillent, comprennent, trouvent les mots justes, et révèlent l’amour inconditionnel de Dieu. 
  3. Grâce à ces personnes, les personnes homosexuelles trouvent non seulement des lieux d’accueil ouverts et chaleureux pour des retraites ou temps forts, mais aussi des pasteurs pour les accompagner. 
  4. La pastorale à l’attention des personnes concernées directement ou indirectement par l’homosexualité regorge de pépites : des paroisses et diocèses s’appuient sur les associations compétentes pour intervenir dans l’accueil, la création et l’animation de groupes de paroles, la formation des prêtres/diacres/animateurs sur les questions du genre, etc. 

Notre espérance à la lumière de l’Évangile de la Vie :

Compte tenu de ce terreau porteur, les personnes homosexuelles et leurs familles peuvent nourrir leur foi et participer, dans la mesure de leurs capacités, à la vie de l’Église. Cependant, elles restent profondément blessées par des textes doctrinaux ou postures institutionnelles ressenties comme éloignées de la vérité et/ou en contradiction avec l’Évangile de la Vie. L’Évangile ouvre en effet les chemins suivants :

1 – La recherche de la vérité : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). 

Considérons les questions liées à l’orientation psycho-affective en vérité, c’est-à-dire avec lucidité, transparence, en toute fraternité. Ce pas en avant amorcera une libération des personnes concernées, tant parmi les laïcs que parmi les ministres ordonnés et clercs.

2 – L’amour, sens de la vie :

Le terme « homosexualité » est malheureusement réducteur en ce qu’il occulte le point vital de sa réalité : l’amour entre deux êtres. En vérité, tout être humain a besoin d’amour pour vivre et donner un sens à sa vie. Interdire, au nom du Dieu Amour, toute perspective de relation qui puisse être vécue dans la Foi et ordonnée à l’enseignement de lÉvangile, est une posture mortifère, porteuse des enfers suivants :

3 – Le primat de la rencontre du prochain : 

Les récits évangéliques relatent des rencontres avec le Christ itinérant qui nous dit « Je suis la Vérité ». La vérité, pour un chrétien, ne se laisse pas enfermer dans des textes mais se révèle chemin faisant, au fil des rencontres. Ecclésialement, la rencontre des personnes LGBTI+ est une chance, un rendez-vous donné à l’Église pour oser des rencontres fraternelles, sortir de l’entre-soi, dépasser les peurs et la méconnaissance. 

Pistes pour la démarche synodale :

Pour construire ensemble l’avenir d’une Église synodale et ouverte:

1 – Travaillons de concert en respectant une position d’écoute, de bienveillance, avec :

2 – Discernons ensemble « les signes des temps » : 

Le contexte du Synode est marqué par l’ouverture de l’année Amoris Laetitia – qui donne l’occasion d’approfondir cette encyclique – et par l’onde de choc du rapport de la CIASE. Dans ce contexte difficile, marcher ensemble vers une théologie du corps qui soit réaliste, ferme dans la Foi, éclairante, où puissent se reconnaître tous les couples, quelle que soit leur orientation psycho-affective, leur situation maritale ou familiale, ouvre une voie d’espérance très attendue par les chrétiens. La reconnaissance du couple homosexuel dans sa dimension d’amour peut à ce titre servir de pierre angulaire pour poser les fondations d’une éthique sexuelle aux dimensions universelles, c’est-à-dire authentiquement catholique.

3 – Faisons confiance au peuple de Dieu : 

La gouvernance de l’Église a pour mission de guider la foi des fidèles, mais aussi de marcher au milieu d’eux et parfois derrière eux pour les suivre sur les chemins qu’ils ouvrent.

4 – Osons des initiatives concrètes, parmi lesquelles nous proposons : 

La formation des formateurs dans les établissements scolaires, les séminaires, le CLER, les aumôneries… ; la rédaction d’une Charte pour les établissements scolaires ; une collaboration fructueuse avec des experts en théologie morale ; la participation à la Rencontre Mondiale des Familles ; l’organisation d’un colloque « L’homosexualité, parlons-en » ; etc.

Nos demandes :

1 – Pour le prochain synode : un synode sur la sexualité ?!

2 – La transparence sur la réalité des situations :

3 – La bénédiction des unions homosexuelles avec une liturgie adaptée et une préparation.

4 – L’accueil en catéchèse et à la pastorale des familles des enfants issus de familles homoparentales.

5 – La spiritualité conjugale : 

Que les personnes homosexuelles appelées à vivre une relation de couple authentique puissent s’inspirer de la riche expérience de l’Église en matière de spiritualité conjugale. Le couple homosexuel, pour se construire, a besoin d’un « référentiel » (social, culturel…) mais également spirituel, qui est à bâtir. Même si certaines différences avec les couples hétéros demeurent irréductibles, nous partageons l’essentiel : la joie d’aimer et d’être aimés sous le regard du Père.

6 – La reformulation des paragraphes du Catéchisme de l’Église catholique relatifs à l’homosexualité, la mise à jour des lettres pastorales et la révision des textes de référence sur cette question.